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Nouveau matériel : arrivée de la VNG au cabinet

31 janvier 2026 par
Taureau Loïc



Nous sommes heureux d’annoncer l’arrivée de la vidéonystagmographie (VNG) au cabinet. Il s’agit d’un outil de diagnostic complémentaire de pointe qui va permettre d’affiner l’analyse des troubles de l’équilibre et de mieux orienter la prise en charge des patients souffrant de vertiges. La VNG est aujourd’hui un examen de référence en otoneurologie, offrant des mesures objectives en appui de l’examen clinique pour aider à poser un diagnostic précis des vertiges . Cette technologie, qui utilise des caméras infrarouges pour enregistrer les mouvements oculaires, a largement supplanté les anciennes méthodes d’électronystagmographie dans l’évaluation du système vestibulaire .


Qu’est-ce que la VNG ?


La vidéonystagmographie (VNG) est une série de tests médicaux qui évaluent la fonction vestibulaire (le « centre de l’équilibre » situé dans l’oreille interne) en enregistrant les mouvements involontaires des yeux appelés nystagmus . Concrètement, le patient porte des lunettes spéciales munies de caméras infrarouges qui suivent le déplacement de ses yeux dans l’obscurité. Cela permet de détecter et quantifier d’éventuels nystagmus spontanés ou provoqués, lesquels traduisent un déséquilibre dans le système de l’oreille interne ou dans ses connexions neurologiques . En effet, des nystagmus anormaux peuvent être associés à certaines atteintes de l’oreille interne, du cervelet ou du tronc cérébral . La VNG fournit ainsi des informations précieuses sur la manière dont l’oreille interne et le cerveau contrôlent l’équilibre et les mouvements oculaires, aidant à identifier la cause sous-jacente des vertiges ou étourdissements du patient .


Déroulement : Un examen VNG comprend plusieurs épreuves successives, sans caractère invasif. La VNG regroupe en pratique un ensemble de tests : calibration du suivi des yeux, tests oculomoteurs (épreuves de poursuite visuelle d’une cible et de saccades rapides), tests de changement de position de la tête et du corps, tests au fauteuil rotatoire (rotations contrôlées du patient dans le noir) et enfin l’épreuve calorique . Lors des tests oculomoteurs, on observe comment les yeux suivent un point qui bouge ou change de place, ce qui permet de détecter d’éventuels troubles centraux du contrôle du regard. Les épreuves positionnelles consistent par exemple à allonger le patient et à réaliser des manœuvres comme celle de Dix-Hallpike pour provoquer un vertige positionnel bénin (liée aux “cristaux” de l’oreille interne)  . Le fauteuil rotatoire sert à stimuler les canaux semi-circulaires de l’oreille interne en faisant pivoter doucement le patient dans l’obscurité. Enfin, l’épreuve calorique consiste à introduire alternativement de l’eau froide puis chaude dans chaque oreille afin de stimuler chaque vestibule séparément – ce test, un peu moins agréable, peut induire un vertige de courte durée tout en restant sans danger . L’ensemble de ces épreuves permet d’explorer de façon exhaustive la fonction vestibulaire et d’enregistrer les réactions oculaires induites (nystagmus), qui sont ensuite analysées quantitativement par le logiciel.


À quoi sert-elle concrètement ?



La VNG est un outil d’aide au diagnostic très utile pour comprendre l’origine d’un vertige ou d’un trouble de l’équilibre. Elle objective les anomalies du système vestibulaire en mesurant les réponses de chaque oreille interne et en observant le comportement des yeux lors de diverses stimulations. Concrètement, à quoi sert la VNG ? Principalement à déterminer si le vertige provient d’une atteinte de l’oreille interne (cause périphérique) ou d’un dysfonctionnement neurologique central (par exemple atteinte du tronc cérébral ou du cervelet) . Cet examen permet en effet de différencier ces causes centrales versus périphériques, ce qui est capital pour orienter le patient vers le bon traitement ou le bon spécialiste. Par ailleurs, la VNG aide à poser un diagnostic précis parmi les diverses maladies vestibulaires : par exemple, elle contribue à diagnostiquer un vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB), une névrite vestibulaire, la maladie de Ménière ou d’autres syndromes de l’oreille interne . Sans donner à elle seule un diagnostic étiologique définitif, la vidéonystagmographie fournit des données objectives sur le fonctionnement ou le dysfonctionnement du système vestibulaire, notamment en mesurant les éventuels écarts de réponse entre l’oreille droite et la gauche lors de l’épreuve calorique  . Ces informations permettent ensuite au clinicien d’orienter les examens complémentaires si nécessaire (IRM en cas de suspicion centrale, tests audiologiques, potentiels évoqués vestibulaires, etc.) et de définir la stratégie thérapeutique la plus appropriée.


Pour quels patients ?


Un bilan par VNG est indiqué chez les patients présentant des vertiges complexes, persistants ou inexpliqués, en particulier lorsque les tests cliniques de base ne suffisent pas à trancher sur la cause. Par exemple, si un patient souffre de dizziness chronique ou de crises vertigineuses atypiques qui ne correspondent pas exactement à un profil de VPPB classique, la VNG pourra aider à y voir plus clair. De même, en cas d’échec thérapeutique – si malgré un traitement ou des manœuvres de rééducation le patient reste symptomatique – un examen VNG permettra de vérifier s’il n’existe pas un dysfonctionnement vestibulaire sous-jacent passé inaperçu. Les médecins ORL prescrivent fréquemment une VNG aux patients se plaignant d’étourdissements, vertiges ou troubles de l’équilibre afin de compléter le bilan . Ainsi, toute personne chez qui on suspecte un problème d’oreille interne (syndrome vestibulaire périphérique) ou au contraire chez qui on veut exclure/identifier une cause centrale peut bénéficier d’une vidéonystagmographie. Par ailleurs, certains troubles neurologiques avec atteinte des mouvements oculaires (par exemple une suspicion de sclérose en plaques, une atteinte cérébelleuse…) peuvent également justifier ce type d’examen pour documenter des anomalies oculomotrices. En résumé, la VNG s’adresse principalement aux patients vertigineux difficiles à diagnostiquer ou dont l’évolution n’est pas favorable, afin de mieux cibler l’origine de leurs symptômes.


Ce que la VNG change dans votre prise en charge


Intégrer la VNG à notre arsenal au cabinet va permettre d’améliorer significativement la prise en charge de nos patients vertigineux. D’abord, cela apporte une précision accrue au diagnostic : en quantifiant les déficits vestibulaires et en identifiant la nature du nystagmus, on peut confirmer une hypothèse diagnostique ou au contraire l’infirmer plus rapidement. Ce gain de temps diagnostique évite d’orienter le patient vers une mauvaise piste thérapeutique et réduit les errances médicales. Par exemple, grâce à la VNG, nous pourrons déterminer dès le départ si le vertige d’un patient est plutôt bénin et périphérique (relevant alors d’une rééducation vestibulaire ou de manœuvres libératoires) ou s’il nécessite des investigations plus poussées en neurologie. Ensuite, les résultats objectifs fournis par la VNG (tracés de nystagmus, mesures chiffrées de la réponse de chaque oreille) vont faciliter la communication avec les médecins ORL et autres spécialistes. Un compte-rendu détaillé de VNG peut être transmis au médecin prescripteur et au médecin traitant, ce qui alimente le dossier médical du patient et appuie nos conclusions . Cela permet de parler un langage commun avec l’ORL, en objectivant par exemple une faiblesse vestibulaire droite de 40% ou la présence d’un nystagmus suggestif d’atteinte centrale. En somme, la VNG va compléter l’évaluation clinique et guider plus finement nos décisions : choix d’une stratégie de rééducation spécifique, besoin d’un avis neurologique, ou encore validation d’une compensation vestibulaire en cours.


Lien avec la rééducation vestibulaire


Importante précision : la vidéonystagmographie n’est pas un gadget technologique superflu, mais un véritable outil clinique intégré à la filière de soin en vestibulologie. En aucun cas la VNG ne se substitue à l’examen clinique ou à la rééducation vestibulaire, elle vient en complément pour en augmenter l’efficacité. Les données recueillies lors de l’examen (par exemple le canal semi-circulaire identifié comme dysfonctionnel, ou la présence de réponses oculaires suggérant une atteinte centrale) vont nous aider à personnaliser la rééducation vestibulaire du patient. Connaître précisément le déficit vestibulaire permet de cibler les exercices de rééducation sur les faiblesses identifiées – par exemple, insister sur les exercices de stabilisation du regard si la VNG a montré un déficit du réflexe vestibulo-oculaire. Par ailleurs, la VNG pourra être utilisée de façon itérative pour suivre l’évolution du patient : bien que ce ne soit pas systématique, on peut répéter certains tests après une phase de rééducation afin de constater objectivement l’amélioration (par exemple une réduction du nystagmus ou une récupération du gain du réflexe vestibulo-oculaire). Enfin, l’intégration de la VNG renforce la crédibilité de notre démarche : cela montre à nos patients et correspondants médicaux que la prise en charge est complète, du diagnostic jusqu’au traitement. En conclusion, l’arrivée de la VNG au cabinet enrichit notre plateau technique et améliore la précision du bilan vestibulaire, au service d’une rééducation mieux ciblée et plus efficace pour nos patients .


Références

•   Noreikaite G. et al. (2024). VNG/ENG Testing – StatPearls. StatPearls Publishing. Last update Jan 2024.

• CISSS de Chaudière-Appalaches (2026). Vidéonystagmogramme – Informations à l’usager. cisssca.com.

•   Saliba J. (2025). Comprendre le test de vidéonystagmographie (VNG). ODYO Canada.

• CHU de Québec – Univ. Laval (2023). Vidéonystagmogramme (VNG) – Description de l’examen. chudequebec.ca.

•   Noreikaite G. et al. (2024). VNG/ENG Testing – StatPearls, Dix-Hallpike maneuver.

• Saliba J. (2025). Comprendre le test VNG – ODYO – Test calorique et durée du vertige induit.

• CHU de Québec – Univ. Laval (2023). Vidéonystagmogramme (VNG) – Indications (vertiges, étourdissements).

• CISSS de Chaudière-Appalaches (2026). Vidéonystagmogramme – Analyse et rapport de l’examen par le médecin ORL.

• Saliba J. (2025). Comprendre le test VNG – ODYO – Conclusion (importance de combiner VNG avec examen clinique).




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